MANQUE D’ESTIME DE SOI : quand vous avez du mal à reconnaître votre propre valeur
Quand vous accordez facilement de la valeur aux autres… mais beaucoup plus difficilement à vous-même
EXTRAIT DE L’ARTICLE
Vous pouvez reconnaître les qualités des autres, voir leurs réussites et leur accorder facilement de la valeur… tout en ayant beaucoup plus de mal à faire la même chose pour vous. Vous minimisez ce que vous réussissez, doutez de ce que vous méritez, vous comparez ou accordez beaucoup de poids au regard extérieur. Le manque d’estime de soi ne signifie pas simplement manquer de confiance : il touche plus directement la valeur que vous vous accordez, y compris lorsque vous ne réussissez pas, que vous faites une erreur ou que les autres ne vous valident pas.
Quand vous reconnaissez plus facilement la valeur des autres que la vôtre
Vous savez voir :
leurs qualités.
Leurs compétences.
Leurs réussites.
Leurs efforts.
Mais lorsqu’il s’agit de vous :
vous relativisez.
Vous expliquez :
« Ce n’était pas grand-chose. »
« N’importe qui aurait pu le faire. »
« J’ai eu de la chance. »
Ou :
« Oui… mais j’aurais pu faire mieux. »
Un compliment vous fait plaisir.
Mais il ne reste pas toujours longtemps.
Une critique, au contraire, peut continuer à vous accompagner.
Une réussite peut être rapidement oubliée.
Une erreur peut devenir beaucoup plus importante qu’elle ne devrait l’être.
Et progressivement :
vous ne jugez plus seulement ce que vous faites : vous commencez parfois à juger ce que vous valez.
De quoi parle-t-on lorsque l’on parle d’estime de soi ?
L’estime de soi concerne notamment :
la valeur que vous vous accordez à vous-même.
Elle ne dépend pas seulement :
de ce que vous savez faire,
de ce que vous réussissez,
de votre apparence,
de votre statut,
de vos performances
ou :
du regard des autres.
Avoir une estime de soi suffisamment stable ne signifie pas :
se trouver extraordinaire,
ne jamais douter,
ne jamais faire d’erreur
ou :
se considérer supérieur(e) aux autres.
Cela signifie davantage pouvoir reconnaître :
vos qualités,
vos limites,
vos réussites,
vos erreurs,
vos forces,
vos fragilités
sans que chaque difficulté devienne immédiatement :
une mesure de votre valeur personnelle.
Vous pouvez alors penser :
« Je peux ne pas réussir quelque chose… sans conclure pour autant que je vaux moins. »
Estime de soi, confiance en soi, image de soi et affirmation de soi : ce n’est pas exactement la même chose
Ces dimensions sont proches.
Elles peuvent s’influencer.
Mais elles ne désignent pas exactement :
la même difficulté.
La confiance en soi
Elle concerne davantage :
« Est-ce que je me sens capable de faire face et d’agir ? »
Vous pouvez manquer de confiance :
dans certaines situations
sans remettre profondément en question :
votre valeur personnelle.
MANQUE DE CONFIANCE EN SOI : quand le doute vous empêche d’oser
L’image de soi
Elle concerne davantage :
la manière dont vous vous représentez vous-même.
Comment vous vous voyez.
Ce que vous pensez être.
Les qualités et défauts que vous vous attribuez.
L’image que vous pensez donner :
aux autres.
L’affirmation de soi
Elle concerne davantage votre capacité à :
dire ce que vous pensez,
exprimer vos besoins,
dire non,
poser vos limites
et :
prendre votre place dans la relation.
L’estime de soi
Elle pose davantage la question :
« Quelle valeur est-ce que je m’accorde ? »
Et surtout :
« Cette valeur reste-t-elle accessible lorsque je me trompe, que je déçois, que je ne réussis pas ou que quelqu’un ne m’approuve pas ? »
Quels sont les signes que le manque d’estime de soi prend trop de place ?
La difficulté devient particulièrement importante lorsqu’elle commence à influencer régulièrement :
la manière dont vous vous regardez,
vos décisions,
vos relations,
ce que vous acceptez,
ce que vous osez demander
ou :
la place que vous vous accordez dans votre propre vie.
Je minimise ce que je réussis
Vous accomplissez quelque chose.
Mais vous pensez rapidement :
« Ce n’était pas si difficile. »
« Tout le monde aurait pu le faire. »
« Ce n’est pas vraiment grâce à moi. »
Votre réussite existe.
Mais :
vous avez du mal à lui laisser suffisamment de place pour modifier le regard que vous portez sur vous.
Je me compare beaucoup
Vous remarquez :
ce que les autres réussissent,
ce qu’ils ont,
ce qu’ils savent faire,
l’image qu’ils donnent.
Puis vous regardez :
ce qui vous manque.
Vous pouvez alors finir par comparer :
le meilleur que vous voyez chez les autres avec ce que vous aimez le moins chez vous.
Une critique prend beaucoup de place
Vous pouvez recevoir :
plusieurs remarques positives
et :
une critique.
Puis continuer à penser surtout :
à cette critique.
Comme si elle confirmait :
quelque chose que vous redoutiez déjà à propos de vous-même.
J’ai du mal à recevoir pleinement les compliments
Quelqu’un vous dit :
« Tu as vraiment bien fait. »
Vous pouvez répondre :
« Ce n’était rien. »
« J’ai eu de la chance. »
« Tu dis ça pour être gentil(le). »
Le compliment arrive jusqu’à vous.
Mais :
il ne s’installe pas toujours.
J’ai souvent besoin d’être rassuré(e)
Vous cherchez parfois à savoir :
si vous avez bien fait,
si vous êtes apprécié(e),
si votre décision est bonne,
si les autres sont satisfaits
ou :
si vous avez réellement de la valeur à leurs yeux.
Cette validation peut vous soulager.
Mais parfois :
seulement jusqu’au prochain doute.
J’ai du mal à donner autant d’importance à mes besoins qu’à ceux des autres
Vous pouvez facilement comprendre :
les attentes,
les besoins,
les limites
ou :
les difficultés des autres.
Mais avoir beaucoup plus de mal à penser :
« Ce que je ressens et ce dont j’ai besoin compte aussi. »
Une erreur devient rapidement un jugement sur moi
Vous n’avez pas seulement :
fait une erreur.
Vous pensez :
« Je suis nul(le). »
Vous n’avez pas simplement échoué :
à quelque chose.
Vous concluez :
« Je ne suis pas à la hauteur. »
La difficulté apparaît lorsque :
ce que vous faites devient une preuve de ce que vous pensez valoir.
Être modeste ne signifie pas manquer d’estime de soi
Vous pouvez :
être discret(ète),
ne pas aimer vous mettre en avant,
reconnaître vos limites,
ne pas chercher à impressionner
et :
avoir une estime de vous relativement stable.
Inversement :
une personne peut sembler extérieurement :
très sûre d’elle,
performante,
affirmée
ou :
très à l’aise
tout en ayant intérieurement besoin :
de réussir,
d’être reconnue,
d’être admirée
ou :
d’être constamment rassurée.
L’estime de soi ne se mesure donc pas à la quantité de place que vous prenez.
La question est davantage :
quelle valeur vous continuez à vous accorder lorsque vous n’avez rien à prouver.
Quand votre valeur dépend trop de ce que vous réussissez ou du regard des autres
Votre sentiment de valeur peut parfois devenir lié à certaines conditions.
Par exemple :
« Je vaux si je réussis. »
« Je vaux si l’on m’apprécie. »
« Je vaux si je suis utile. »
« Je vaux si je ne déçois personne. »
« Je vaux si je suis irréprochable. »
Les travaux de Jennifer Crocker et Connie T. Wolfe ont notamment décrit ces contingences de l’estime de soi : certains succès et échecs peuvent prendre davantage de poids lorsque nous avons placé une part importante de notre valeur personnelle dans le domaine concerné.
Une réussite peut alors :
vous rassurer.
Mais parfois :
seulement momentanément.
Puis une nouvelle situation apparaît.
Et avec elle :
le besoin de vérifier à nouveau que vous êtes suffisamment valable.
Quand la recherche de validation devient un cycle
UNE SITUATION IMPORTANTE
↓
JE ME DEMANDE SI JE SUIS À LA HAUTEUR
↓
JE CHERCHE À RÉUSSIR • PLAIRE • PROUVER • ÉVITER DE DÉCEVOIR
↓
JE REÇOIS UNE VALIDATION
↓
JE SUIS MOMENTANÉMENT RASSURÉ(E)
↓
UN NOUVEAU DOUTE APPARAÎT
↓
J’AI À NOUVEAU BESOIN DE CONFIRMER MA VALEUR
Le problème n’est pas :
d’apprécier un compliment
ou :
d’être satisfait(e) d’une réussite.
Il apparaît davantage lorsque :
votre valeur doit régulièrement être confirmée de l’extérieur pour rester suffisamment accessible à l’intérieur.
D’autres difficultés peuvent apparaître avec le manque d’estime de soi
Si vous doutez surtout de ce que vous êtes capable de faire
Si vous cherchez à être irréprochable pour vous sentir suffisamment valable
Si l’incertitude vous pousse à tout maîtriser
Si le doute vous conduit à reporter ce qui compte
Le manque d’estime de soi peut toucher plusieurs Domaines de votre Vie
Vous pouvez avoir une estime de vous relativement stable :
dans certains domaines
et beaucoup plus fragile :
dans d’autres.
MA VIE PERSONNELLE
Vous pouvez avoir du mal à :
vous choisir,
faire de vos besoins une priorité,
reconnaître vos qualités,
être fier(ère) de votre parcours
ou :
vous autoriser à construire une vie qui vous ressemble.
Lorsque cette difficulté commence à freiner votre vie :
MA VIE DE COUPLE
Vous pouvez :
avoir peur de ne pas être assez bien pour l’autre,
avoir besoin d’être beaucoup rassuré(e),
faire passer systématiquement l’autre avant vous
ou :
faire dépendre fortement votre valeur du regard de votre partenaire.
MA VIE FAMILIALE
Vous pouvez chercher à :
ne décevoir personne,
répondre aux attentes,
mériter votre place,
rester dans un rôle
ou :
faire continuellement passer les besoins familiaux avant les vôtres.
MA VIE PROFESSIONNELLE
Vous pouvez :
minimiser votre valeur professionnelle,
avoir du mal à parler de vos réussites,
ne pas demander ce que vous méritez,
vous comparer constamment,
craindre de ne pas être légitime
ou :
avoir besoin de performances répétées pour vous sentir à la hauteur.
MA VIE SOCIALE
Vous pouvez :
vous comparer,
avoir peur de ne pas être intéressant(e),
vous mettre en retrait,
chercher à être apprécié(e)
ou :
adapter fortement ce que vous montrez de vous pour être accepté(e).
Avoir une faible estime de vous ne définit pas qui vous êtes
Il peut être tentant de penser :
« Je ne vaux pas grand-chose. »
Ou :
« Les autres ont quelque chose que je n’ai pas. »
Mais une faible estime de soi décrit davantage :
la manière dont vous vous évaluez
que :
une mesure objective de votre valeur.
Vous pouvez avoir appris à :
remarquer davantage vos défauts que vos qualités,
minimiser vos réussites,
vous comparer,
chercher l’approbation
ou :
faire dépendre votre valeur de certaines conditions.
Cette manière de vous regarder n’est pas une définition complète de qui vous êtes.
Ce qui peut entretenir le manque d’estime de soi
Le manque d’estime de soi n’a pas une seule cause.
Il peut être influencé par votre histoire, vos expériences, certaines relations, votre environnement actuel ou la manière dont vous avez appris à vous évaluer.
Mais certains fonctionnements peuvent aussi le maintenir aujourd’hui.
Par exemple :
remarquer surtout vos erreurs,
minimiser vos réussites,
vous comparer presque toujours à votre désavantage,
accorder davantage de poids aux critiques qu’aux signes positifs,
avoir du mal à intégrer les compliments
ou :
vous imposer des conditions pour avoir le droit de vous apprécier.
La question peut alors devenir :
« Sur quoi est-ce que je fais aujourd’hui reposer ma propre valeur ? »
FAQ — MANQUE D’ESTIME DE SOI
Quelle différence entre manque d’estime de soi et manque de confiance en soi ?
La confiance concerne davantage :
ce que vous pensez pouvoir faire.
L’estime concerne davantage :
la valeur que vous vous accordez.
Vous pouvez donc être :
très compétent(e)
et pourtant :
avoir une estime de vous fragile.
Peut-on sembler très sûr(e) de soi et manquer d’estime de soi ?
Oui.
La manière dont une personne apparaît extérieurement ne permet pas toujours de connaître :
la manière dont elle se considère intérieurement.
Pourquoi les compliments ne suffisent-ils pas toujours ?
Parce qu’un compliment peut vous rassurer :
sur le moment
sans modifier immédiatement :
le regard plus durable que vous portez sur vous-même.
La comparaison peut-elle fragiliser l’estime de soi ?
Elle peut y contribuer lorsqu’elle devient :
fréquente
et :
presque toujours défavorable.
Surtout lorsque vous comparez :
la vie visible des autres avec votre propre réalité intérieure.
Une bonne estime de soi signifie-t-elle ne plus avoir besoin du regard des autres ?
Non.
La reconnaissance, l’affection et l’approbation :
comptent.
La difficulté apparaît davantage lorsque leur absence suffit à :
faire profondément vaciller la valeur que vous vous accordez.
L’estime de soi peut-elle évoluer ?
Oui.
La manière dont vous vous évaluez n’est pas nécessairement figée.
Elle peut évoluer lorsque vous commencez notamment à repérer :
les critères selon lesquels vous vous jugez,
ce que vous minimisez,
ce que vous exigez de vous
et :
les conditions auxquelles vous associez votre valeur.
Le regard du Coach & Thérapeute
Lorsque quelqu’un me dit :
« Je manque d’estime de moi. »
je ne cherche pas simplement à lui dire :
« Vous devez apprendre à vous aimer. »
Cette phrase peut sembler encourageante.
Mais elle ne permet pas encore de comprendre :
ce qui se passe réellement.
Je cherche plutôt à préciser :
« Comment mesurez-vous aujourd’hui votre propre valeur ? »
À travers :
vos réussites ?
vos performances ?
le regard des autres ?
votre apparence ?
votre utilité ?
le fait de ne décevoir personne ?
votre capacité à tout gérer ?
Et surtout :
que se passe-t-il lorsque l’une de ces conditions n’est plus remplie ?
Parce que l’enjeu n’est pas seulement :
de se convaincre que l’on vaut quelque chose.
Il peut être de comprendre :
pourquoi sa valeur semble devoir être continuellement démontrée.
Et vous : quelle valeur vous accordez-vous aujourd’hui ?
Lorsque vous pensez à la valeur que vous vous accordez :
Qu’est-ce que vous reconnaissez facilement chez les autres mais difficilement chez vous ?
Que faites-vous de vos réussites une fois qu’elles sont passées ?
Que ressentez-vous lorsqu’on vous critique ?
Savez-vous recevoir un compliment sans le minimiser ?
À quoi comparez-vous votre propre valeur ?
Qu’avez-vous besoin de réussir, de faire ou d’obtenir pour vous sentir suffisamment valable ?
Et peut-être surtout :
si vous n’aviez plus rien à prouver aujourd’hui, qu’est-ce que vous pourriez commencer à reconnaître en vous ?
Et dans quels Domaines de Vie en ressentez-vous aujourd’hui les effets ?
Votre vie professionnelle ?
Votre vie personnelle ?
Votre vie de couple ?
Votre vie familiale ?
Votre vie sociale ?
Commencer par observer cela permet déjà de mieux situer :
la place que le manque d’estime de soi prend aujourd’hui dans votre vie.
Pour aller plus loin
Pour commencer à renforcer concrètement votre estime de soi
Lorsque vous vous rabaissez régulièrement
Lorsque la question touche davantage à la manière dont vous vous définissez
MES DOMAINES DE VIE
Faites le premier pas
Vous savez peut-être déjà que vous êtes beaucoup plus sévère avec vous-même qu’avec les autres.
Mais vous ne savez pas nécessairement encore :
pourquoi votre valeur semble parfois si fragile,
pourquoi certaines critiques vous atteignent autant,
pourquoi les compliments ne suffisent pas toujours
ou :
sur quelles conditions vous avez appris à faire reposer votre estime de vous-même.
Un premier échange peut permettre de clarifier :
ce que vous vivez,
les situations dans lesquelles votre estime de vous devient particulièrement fragile,
ce qui semble entretenir cette difficulté
et :
la direction la plus pertinente pour avancer.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
20 min — Gratuit — Confidentiel — Sans engagement
Quelques références scientifiques & auteurs
Morris Rosenberg — travaux fondateurs sur l’étude de l’estime globale de soi.
Rosenberg, M. (1965). Society and the Adolescent Self-Image. Princeton University Press.
Jennifer Crocker et Connie T. Wolfe — travaux sur les contingences de l’estime de soi et sur la manière dont le sentiment de valeur peut devenir lié aux réussites et échecs dans certains domaines.
Crocker, J. & Wolfe, C. T. (2001). Contingencies of Self-Worth. Psychological Review, 108(3), 593–623.