TRAHISON : comment me libérer de ce qui m’empêche de refaire confiance ?
Comprendre ce qui a été touché pour travailler ce qui reste actif et retrouver une confiance plus libre
EXTRAIT DE L'ARTICLE
Après une trahison, le problème n’est pas toujours seulement de refaire confiance à l’autre. Honte, peur d’abandon, hypervigilance, contrôle ou perte de confiance en soi peuvent continuer à agir. Comprendre ce qui a réellement été touché, ce que la trahison peut avoir réactivé et ce qui reste actif permet de déterminer les véritables cibles du travail et les protocoles les plus adaptés.
J’ai été trahi… mais qu’est-ce qui me freine encore aujourd’hui ?
Vous avez été trahi.
Par votre conjoint.
Un parent.
Un ami.
Un membre de votre famille.
Un associé.
Un collègue.
Une personne en qui vous aviez placé votre confiance.
Cela peut avoir pris la forme :
d’un mensonge,
d’une infidélité,
d’une double vie,
d’un secret important,
d’une manipulation,
d’une promesse non tenue,
d’un engagement renié,
d’un abus de confiance,
ou de la découverte que la réalité n’était pas celle que vous croyiez.
Quelque chose s’est rompu.
Et la première conséquence paraît souvent évidente :
« Je ne peux plus lui faire confiance. »
Mais avec le temps, le problème peut devenir plus large.
Vous vérifiez.
Vous doutez.
Vous analysez.
Vous cherchez les incohérences.
Vous redoutez que cela recommence.
Vous vous demandez comment vous avez pu ne rien voir.
Vous ne faites plus seulement moins confiance à cette personne.
Vous pouvez commencer à moins faire confiance :
aux autres,
à vos perceptions,
à votre jugement,
à votre intuition,
à votre capacité à choisir,
ou même à votre propre valeur.
Vous voudriez pourtant vivre autrement.
C’est précisément la logique du PILIER parent :
Il prolonge lui-même PHILOSOPHIE DE VIE :
Je sais davantage quelle vie je voudrais vivre. Maintenant, comment me libérer de ce qui continue à m’en éloigner ?
Dans le cas de la trahison, cette question devient :
De quoi dois-je réellement me libérer pour pouvoir refaire confiance sans pour autant redevenir naïf ?
Qu’est-ce qu’une trahison psychologiquement ?
Trahir ne signifie pas seulement faire quelque chose que l’autre désapprouve.
La trahison implique généralement une rupture d’une confiance attendue.
Quelque chose avait été :
dit,
promis,
partagé,
supposé,
contractualisé,
ou implicitement attendu dans la relation.
Et la personne découvre qu’une réalité importante lui a été cachée, falsifiée ou volontairement contournée.
La blessure vient alors autant de l’acte lui-même que de ce qu’il produit :
« Ce que je croyais réel ne l’était peut-être pas. »
C’est ce qui peut rendre certaines trahisons particulièrement déstabilisantes.
Pour comprendre plus spécifiquement le mécanisme avant d’aborder sa libération, voir :
Et lorsque la dimension traumatique et la honte sont particulièrement présentes :
Ces articles appartiennent davantage à COMPRENDRE.
Ici, nous posons une question différente :
Qu’est-ce qui reste actif et comment travailler ce qui continue à freiner ma vie ?
Une trahison n’est pas nécessairement un trauma
C’est une distinction importante pour ne pas transformer toute souffrance relationnelle en diagnostic traumatique.
Une trahison peut être :
extrêmement douloureuse,
déstabilisante,
humiliante,
difficile à dépasser,
et laisser des conséquences durables…
sans pour autant correspondre automatiquement à un trouble traumatique.
La plupart des personnes exposées à des événements potentiellement traumatisants ne développent d’ailleurs pas un trouble de stress post-traumatique.
Pour approfondir :
Le « Betrayal Trauma » : la dimension particulière de la dépendance et de la confiance
La psychologue Jennifer J. Freyd a développé à partir des années 1990 la Betrayal Trauma Theory.
Cette théorie s’intéresse particulièrement aux situations dans lesquelles le dommage ou l’abus provient d’une personne ou d’une institution à laquelle l’individu est attaché, dont il dépend ou dont il attend légitimement sécurité et protection. La dimension de dépendance et de violation de confiance peut alors modifier la façon dont l’expérience est psychologiquement traitée.
Cela ne signifie absolument pas :
« Toute infidélité = Betrayal Trauma. »
La théorie ne doit pas devenir une nouvelle étiquette posée automatiquement sur toute déception relationnelle.
Elle nous apporte plutôt une question très intéressante :
- Quelle importance avait cette personne pour ma sécurité, mon attachement, mon identité ou mon équilibre lorsque la trahison s’est produite ?
Pourquoi une trahison peut-elle continuer à freiner ma vie ?
Parce que la trahison ne touche pas nécessairement une seule dimension.
Elle peut toucher simultanément :
la confiance dans l’autre,
la confiance en soi,
la sécurité relationnelle,
l’estime de soi,
l’attachement,
le sentiment de contrôle,
l’intimité,
les émotions,
le corps,
et la représentation que nous nous faisons désormais des relations.
Les travaux de Judith Herman et de Bessel van der Kolk ont notamment contribué à montrer combien certaines expériences traumatiques peuvent continuer à influencer la mémoire, la sécurité, les réactions automatiques, les relations et le corps bien après l’événement. Votre propre dossier sur la transformation humaine relie déjà ces dimensions au changement profond.
C’est pourquoi :
une même trahison ne nécessite pas nécessairement le même travail chez deux personnes.
1. La trahison peut briser la confiance dans l’autre
C’est la conséquence la plus intuitive.
La personne avait dit quelque chose.
Vous l’avez cru.
Puis vous découvrez que ce n’était pas vrai.
Une nouvelle règle peut alors commencer à se construire :
« Les paroles ne suffisent plus. »
Puis éventuellement :
« Je dois vérifier. »
Et, progressivement :
« Je ne peux faire confiance à personne. »
Quand une expérience particulière devient une règle générale
C’est ici que la prudence protectrice peut se transformer en frein.
Une personne m’a trahi.
Cela peut devenir :
les autres trahissent.
Puis :
les relations ne sont pas sûres.
Puis :
si je fais confiance, je souffrirai.
La trahison initiale devient alors une règle d’anticipation utilisée dans les relations futures.
Les modèles cognitifs issus notamment des travaux d’Aaron Beck permettent justement d’explorer comment certaines croyances et interprétations peuvent contribuer au maintien d’une souffrance actuelle.
Pour approfondir les outils correspondants :
2. La trahison peut briser ma confiance en moi
C’est parfois beaucoup plus douloureux.
La question n’est plus :
« Comment ai-je pu lui faire confiance ? »
Elle devient :
« Comment ai-je pu me tromper à ce point ? »
« Comment ai-je pu ne rien voir ? »
« Pourquoi n’ai-je pas compris ? »
« Pourquoi suis-je resté ? »
« Pourquoi ai-je cru ses explications ? »
« Pourquoi n’ai-je pas écouté ce que je ressentais ? »
La personne peut alors perdre confiance non seulement dans l’autre…
mais dans sa propre capacité à évaluer les autres.
Refaire confiance à l’autre commence parfois par refaire confiance à son propre jugement
C’est une différence thérapeutique considérable.
Si le problème réel est :
« Je ne crois plus en ma capacité à reconnaître une relation sûre »
alors le travail n’est pas seulement relationnel.
Il concerne :
le discernement,
l’autonomie,
la confiance en soi,
la capacité à poser des limites,
la capacité à partir,
et le sentiment :
« Même si quelqu’un me déçoit à nouveau, je pourrai l’identifier et réagir. »
Pour travailler cette dimension dans AGIR :
Et lorsque le doute devient plus structurel :
- Coaching & Thérapies® – Retrouver confiance en vous et en vos capacités
3. La trahison peut devenir une blessure de honte
C’est ici que notre premier grand maillage transversal apparaît.
La personne ne pense plus seulement :
« On m’a trahi. »
Elle commence à penser :
« Je suis ridicule d’avoir été trahi. »
« J’ai été naïf. »
« Tout le monde a dû le voir sauf moi. »
« Je me suis laissé faire. »
« J’ai encore aimé cette personne après ce qu’elle m’a fait. »
La responsabilité de l’acte commis par l’autre commence alors à contaminer la représentation que la personne a d’elle-même.
TRAHISON → HONTE
À ce moment-là, le problème n’est déjà plus uniquement la trahison.
Il devient nécessaire d’explorer :
ce que la personne pense désormais que la trahison dit d’elle.
C’est exactement pourquoi le prochain satellite transversal sera :
Et si la honte attaque durablement la valeur personnelle :
4. La trahison peut réveiller une blessure d’abandon
Une personne découvre une trahison.
Mais ce qui devient immédiatement insupportable n’est pas seulement :
« Il ou elle m’a menti. »
C’est :
« Je vais être quitté. »
« Je vais perdre cette personne. »
« Quelqu’un d’autre va prendre ma place. »
« Je vais me retrouver seul. »
Nous entrons alors sur un autre terrain :
l’attachement.
La théorie de l’attachement a été développée initialement par John Bowlby puis approfondie notamment par Mary Ainsworth. Elle permet notamment de comprendre comment la sécurité du lien, la proximité, la séparation et certaines stratégies de protection relationnelle peuvent continuer à influencer les relations adultes.
Pour approfondir :
TRAHISON → ABANDON
Si le noyau actif est principalement :
« Je vais être quitté »
alors l’un des satellites prioritaires devient :
La trahison reste l’événement déclencheur.
Mais l’abandon peut devenir la cible dominante.
5. La trahison peut installer une hypervigilance
Après avoir découvert que quelque chose d’important avait été dissimulé, le système peut commencer à se dire :
« Plus jamais je ne serai pris au dépourvu. »
Un téléphone retourné.
Un retard.
Une modification d’habitude.
Une notification.
Une phrase inhabituelle.
Un silence.
Une incohérence.
Et immédiatement :
le cerveau cherche,
compare,
analyse,
anticipe.
« Si je détecte le danger suffisamment tôt, je pourrai éviter d’être à nouveau surpris »
L’hypervigilance possède donc une logique protectrice.
Le problème apparaît lorsqu’elle devient permanente.
La relation actuelle est alors vécue à travers une surveillance construite dans la relation précédente.
Le système nerveux peut rester plus facilement en état d’alerte lorsque certaines expériences ont associé une situation relationnelle à une menace. Votre article Sécurité intérieure et système nerveux développe précisément cette articulation entre vigilance, système nerveux et expériences passées.
À lire :
- Sécurité intérieure et système nerveux : comprendre pourquoi vous restez parfois en mode survie
Puis :
6. La trahison peut renforcer mon besoin de contrôle
Le raisonnement devient souvent implicite :
« Si je contrôle davantage, je serai moins vulnérable. »
Je vérifie.
J’anticipe.
Je questionne.
Je cherche les incohérences.
Je veux savoir.
Je veux être certain.
Le contrôle apaise momentanément l’incertitude.
Mais il peut progressivement créer une boucle :
DOUTE → CONTRÔLE → SOULAGEMENT TEMPORAIRE → NOUVEAU DOUTE → CONTRÔLE RENFORCÉ
À lire :
et, lorsque le contrôle est devenu le frein principal :
7. La trahison peut fragiliser mon estime de moi
Dans certaines trahisons amoureuses apparaît également la comparaison.
« Qu’avait cette personne que je n’ai pas ? »
« Est-elle plus attirante ? »
« Plus intéressante ? »
« Plus désirable ? »
« Qu’est-ce qui n’allait pas chez moi ? »
Une trahison commise par l’autre devient progressivement :
un jugement sur ma propre valeur.
Or l’acte de l’autre n’est pas une mesure fiable de votre valeur personnelle.
Mais émotionnellement, ce passage peut être difficile à intégrer.
C’est alors le maillage vers ESTIME DE SOI qui devient pertinent :
8. La trahison peut modifier ma manière d’aimer
Après une trahison, certaines personnes prennent une décision intérieure :
« Je ne dépendrai plus jamais autant de quelqu’un. »
Ou :
« Je ne montrerai plus tout ce que je ressens. »
Ou :
« Je garderai toujours une porte de sortie. »
Cela peut sembler protéger de la trahison.
Mais la protection peut aussi réduire :
la vulnérabilité,
l’intimité,
la spontanéité,
la capacité à dépendre raisonnablement d’un autre,
et finalement la profondeur de la relation.
TRAHISON → ÉVITEMENT RELATIONNEL
La question devient :
- « Est-ce que je me protège encore seulement de la trahison… ou est-ce que je commence à me protéger de toute relation profonde ? »
Si cette dimension domine :
Les Stratégies Relationnelles de Protection® constituent également une passerelle importante vers vos Modèles propriétaires : elles permettent de comprendre comment une partie de soi peut développer différentes manières de préserver sa sécurité dans la relation.
- Les Stratégies Relationnelles de Protection®
La carte clinique de la trahison : ce que je vois n’est pas toujours ce qu’il faut traiter
Nous obtenons donc une véritable cartographie :
TRAHISON
→ confiance dans l’autre
→ confiance en soi
→ honte
→ abandon
→ attachement
→ estime de soi
→ hypervigilance
→ contrôle
→ évitement relationnel
→ difficultés d’intimité
→ mémoire traumatique éventuelle.
Plusieurs branches peuvent coexister.
C’est précisément pourquoi nous ne devons pas chercher :
« La technique qui traite la trahison. »
La bonne question est :
« Quelle branche est encore active chez cette personne ? »
La trahison actuelle peut-elle avoir réveillé quelque chose de plus ancien ?
Oui.
Mais pas nécessairement.
Et cette nuance est capitale.
Une trahison actuelle peut être suffisamment douloureuse pour expliquer à elle seule la souffrance actuelle.
Il serait donc incorrect de partir du principe :
« S’il souffre autant, c’est forcément parce qu’il avait déjà une blessure avant. »
Quand une trahison réveille un abandon ancien
La phrase peut être :
« On finit toujours par partir. »
Le mot toujours peut inviter à explorer une continuité.
Quand une trahison réveille une humiliation ancienne
La phrase devient :
« Encore une fois, je suis celui dont on se moque. »
Quand une trahison confirme une ancienne croyance
Par exemple :
« Je savais qu’on ne pouvait compter sur personne. »
La situation actuelle ne crée alors peut-être pas entièrement la croyance.
Elle vient la confirmer et la renforcer.
Chercher derrière la trahison ne signifie pas inventer un trauma caché
C’est ici que la démarche thérapeutique demande beaucoup de prudence.
Explorer :
« Cette sensation vous rappelle-t-elle spontanément quelque chose d’autre ? »
est très différent de suggérer :
« Vous avez certainement vécu une trahison dans votre enfance. »
La réponse peut être :
oui.
Mais elle peut parfaitement être :
non.
Et les deux doivent être possibles.
Le travail thérapeutique n’a pas pour objectif de fabriquer une explication biographique satisfaisante.
Il cherche à comprendre ce qui est réellement actif.
Avant tout protocole : la relation est-elle réellement sûre aujourd’hui ?
Avant de travailler :
la méfiance,
le contrôle,
la peur,
ou l’hypervigilance,
une question essentielle doit être posée :
Le danger relationnel est-il réellement terminé ?
La personne continue-t-elle à mentir ?
À dissimuler ?
À manipuler ?
À nier les faits ?
À inverser les responsabilités ?
À recommencer ?
Si la relation reste objectivement insécurisante, le problème n’est pas nécessairement :
« Vous devez apprendre à refaire confiance. »
Il peut être :
« Votre système détecte encore une situation réellement peu fiable. »
Cette distinction entre réalité actuelle et ancienne activation est fondamentale.
Lorsqu’une relation reste destructrice :
Quelle est la véritable cible thérapeutique après une trahison ?
Avant de choisir une méthode, il faut identifier ce que nous souhaitons modifier.
La cible peut être très différente d’une personne à l’autre.
| Ce qui reste actif | Cible possible | Approches à envisager selon l’évaluation |
|---|---|---|
| Scène traumatique très chargée | mémoire de l’événement | EMDR, TCC centrée trauma |
| « Personne n’est fiable » | croyance généralisée | TCC, CPT, travail cognitif |
| « Je suis ridicule / naïf » | honte, représentation de soi | Imagery Rescripting, TCC, travail estime |
| « Il va me quitter » | abandon / attachement | travail d’attachement, relationnel, intégratif |
| Vérifications permanentes | comportement de sécurité | TCC, travail du contrôle, régulation |
| Hypervigilance corporelle | sécurité / activation | Régulation Intérieure®, stabilisation, approche trauma |
| « Je dois tout contrôler » | stratégie de protection | TCC, PNL, travail sécurité, AT selon mécanisme |
| Difficulté à être intime | évitement / protection relationnelle | attachement, thérapie relationnelle, Systémie |
| Couple à reconstruire | dynamique actuelle du lien | thérapie de couple, Systémie, travail individuel parallèle |
Le protocole vient donc après la formulation, pas avant.
EMDR : lorsque certaines mémoires de la trahison restent fortement activées
L’EMDR, développé par Francine Shapiro, est une approche spécifiquement reconnue dans le traitement du PTSD.
L’OMS indique que les TCC centrées trauma et l’EMDR figurent parmi les psychothérapies dont l’efficacité pour le PTSD est la mieux étayée.
Voir :
Quelle cible EMDR après une trahison ?
Pas nécessairement :
« toute la trahison ».
La cible peut être :
le moment de la découverte,
une image précise,
un message,
un aveu,
une scène d’humiliation,
le sentiment d’impuissance,
un événement antérieur réactivé,
ou un déclencheur actuel.
C’est précisément pourquoi :
TRAHISON ≠ automatiquement EMDR
mais :
mémoire traumatique pertinente → EMDR éventuellement pertinent.
TCC et CPT : lorsque les croyances et comportements maintiennent la souffrance
Les TCC permettent d’examiner les interactions entre :
pensées,
émotions,
réactions corporelles,
comportements,
et contexte.
Après une trahison, certaines croyances peuvent devenir centrales :
« Personne n’est fiable. »
« Je serai forcément trompé. »
« Si je ne vérifie pas, je serai à nouveau pris au dépourvu. »
« Je ne survivrai pas à une nouvelle trahison. »
« J’ai été trahi parce que je ne suis pas assez. »
La Cognitive Processing Therapy
La Cognitive Processing Therapy dite CPT, issue de la famille des TCC centrées trauma, s’intéresse notamment aux significations post-traumatiques autour de :
la sécurité,
la confiance,
le pouvoir et le contrôle,
l’estime,
et l’intimité.
Elle devient particulièrement intéressante lorsque la trahison a modifié la manière dont la personne interprète désormais elle-même, les autres ou les relations.
Voir :
- Cognitive Processing Therapy (CPT)
Imagery Rescripting : lorsque honte, impuissance ou scènes anciennes restent actives
Certaines personnes ne sont pas principalement bloquées par :
un souvenir qui revient,
mais par la signification émotionnelle d’une scène.
« Je n’ai rien dit. »
« Je me suis laissé humilier. »
« Je n’ai pas su me défendre. »
« J’étais seul. »
L’Imagery Rescripting peut permettre, dans certaines approches thérapeutiques, de retravailler la scène, les besoins non satisfaits et la représentation qui en reste.
Cette voie est notamment intéressante lorsque :
TRAHISON → HONTE
ou :
TRAHISON → IMPUISSANCE
devient le véritable axe de travail.
Voir :
- L’Imagery Rescripting (ImRS)
Régulation émotionnelle : lorsque peur, colère ou honte débordent
Une trahison peut provoquer :
colère,
peur,
tristesse,
dégoût,
honte,
culpabilité,
rumination.
Le problème n’est pas d’éprouver ces émotions.
Il apparaît parfois lorsque celles-ci deviennent :
envahissantes,
difficiles à moduler,
ou qu’elles conduisent systématiquement aux mêmes comportements.
Les travaux de James J. Gross ont largement structuré la recherche contemporaine sur la régulation émotionnelle.
Dans votre approche plus globale :
- LA RÉGULATION INTÉRIEURE® : comprendre ce qui se passe en soi pour pouvoir agir autrement
Sécurité Intérieure® : lorsque la personne n’arrive plus à relâcher sa vigilance
Si la trahison a installé :
tension,
surveillance,
anticipation,
méfiance,
besoin de réassurance,
le travail peut devoir inclure la capacité à reconstruire davantage de sécurité intérieure.
Cette dimension est essentielle :
- refaire confiance ne doit pas signifier dépendre totalement de la fiabilité de l’autre pour se sentir en sécurité.
La personne peut aussi retrouver :
sa capacité à observer,
à choisir,
à poser des limites,
à dire non,
à partir,
à demander des explications,
à se protéger.
C’est une sécurité différente :
« Je ne peux pas garantir que personne ne me trahira jamais. Mais je peux davantage faire confiance à ma capacité à réagir si cela arrive. »
PNL : lorsque représentations, croyances et stratégies doivent être réorganisées
La Programmation Neuro-Linguistique — PNL peut fournir des outils complémentaires pour travailler :
certaines représentations,
certaines croyances,
les états internes,
les stratégies,
les ressources,
la distance émotionnelle,
et la projection vers de nouvelles expériences.
Le point essentiel est ici encore :
ne pas appliquer une technique parce que le mot “trahison” apparaît.
L’outil est choisi parce que la cible correspond à ce qu’il permet de travailler.
Voir :
Hypnose : ressources, représentations et automatismes
L’HYPNOTHÉRAPIE peut également être utilisée dans une approche intégrative pour travailler, selon la situation :
ressources,
états internes,
représentations,
réactions automatiques,
régulation,
projection vers d’autres possibilités.
Là encore, une règle reste importante :
l’hypnose ne doit pas servir à “retrouver” à tout prix une supposée trahison cachée.
Explorer une mémoire n’est pas fabriquer une mémoire.
Analyse Transactionnelle : quand la trahison rejoint un scénario relationnel
L’ANALYSE TRANSACTIONNELLE — AT peut également apporter des clés lorsque la trahison s’inscrit dans :
des scénarios relationnels,
des positions de vie,
des croyances anciennes,
des jeux psychologiques,
ou des règles intériorisées.
Eric Berne a notamment développé la notion de Scénario de Vie, qui permet d’examiner certaines décisions et représentations construites très tôt et susceptibles de continuer à influencer les relations adultes. Notre MASTER AT présente précisément ces articulations entre scénarios, relations et répétitions.
Par exemple :
« Ne fais confiance à personne. »
« Ne dépends de personne. »
« Sois fort. »
peuvent contribuer à rigidifier encore davantage la protection après la trahison.
Systémie : lorsque la trahison doit aussi être travaillée dans la relation
La trahison n’est pas toujours uniquement une problématique individuelle.
Lorsque deux personnes souhaitent poursuivre leur relation après une infidélité ou une autre rupture de confiance, la reconstruction dépend aussi :
de ce que fait la personne ayant trahi,
de sa responsabilité,
de la reconnaissance des faits,
de la cohérence de ses comportements,
de la communication,
des nouvelles limites,
et des nouvelles interactions.
La SYSTÉMIE permet précisément de considérer les interactions et les boucles relationnelles plutôt que de réduire toute la difficulté à la psychologie d’un seul partenaire.
Trahison dans le couple : faut-il travailler individuellement ou à deux ?
Très souvent, les deux niveaux peuvent être utiles.
Mais ils ne servent pas au même objectif.
Le travail individuel
Il peut concerner :
la mémoire traumatique éventuelle,
la honte,
la perte d’estime,
l’abandon réactivé,
le contrôle,
l’hypervigilance,
la confiance en son propre jugement,
les blessures antérieures.
Le travail de couple
Il concerne davantage :
la relation actuelle,
la reconnaissance,
la responsabilité,
la réparation,
la sécurité du lien,
la communication,
les limites,
et la question :
« Existe-t-il encore une relation que les deux personnes souhaitent reconstruire ? »
Pour approfondir cette dimension :
Et il faut conserver une possibilité essentielle :
- le résultat du travail peut être de reconstruire le couple… ou de permettre à chacun de décider lucidement qu’il ne souhaite pas le reconstruire.
Le protocole de libération après une trahison : 7 temps
1. IDENTIFIER CE QUI ME FREINE AUJOURD’HUI
Méfiance ?
Colère ?
Honte ?
Contrôle ?
Hypervigilance ?
Peur de perdre ?
Évitement ?
2. CARTOGRAPHIER LES CONSÉQUENCES
Que se passe-t-il dans :
mes pensées,
mes émotions,
mon corps,
mes comportements,
mes relations ?
3. ÉVALUER LA RÉALITÉ ACTUELLE
La relation est-elle aujourd’hui réellement sûre ?
Le mensonge continue-t-il ?
Le danger est-il terminé ?
4. IDENTIFIER CE QUI A ÉTÉ TOUCHÉ
Confiance dans l’autre ?
Confiance en soi ?
Honte ?
Estime ?
Abandon ?
Sécurité ?
Attachement ?
5. RECHERCHER CE QUI A ÉVENTUELLEMENT ÉTÉ RÉACTIVÉ
Sans présupposer qu’une blessure ancienne existe.
6. CHOISIR LA OU LES CIBLES, PUIS LE PROTOCOLE
Mémoire ?
Croyance ?
Honte ?
Comportement ?
Activation corporelle ?
Attachement ?
Relation ?
7. RECONSTRUIRE UNE CONFIANCE PLUS LUCIDE
Pas revenir exactement à avant.
Construire quelque chose de plus différencié.
Refaire confiance ne signifie pas redevenir naïf
C’est probablement l’un des objectifs les plus importants du travail.
Nous pouvons imaginer trois positions :
CONFIANCE AVEUGLE
« Je crois sans vérifier la réalité. »
MÉFIANCE GÉNÉRALISÉE
« Je ne crois plus personne. »
CONFIANCE LUCIDE
« Je peux faire confiance progressivement à partir de ce que j’observe, tout en restant capable de poser mes limites et de réagir. »
La troisième position ne cherche donc pas à supprimer tout discernement.
Elle permet de retrouver :
l’ouverture et les limites,
la confiance et l’observation,
l’attachement et l’autonomie.
Me libérer de la trahison ne signifie pas obligatoirement pardonner
Le pardon est parfois présenté comme une étape incontournable.
Je ne retiens pas cette idée.
Une personne peut :
comprendre,
faire son deuil,
se reconstruire,
retrouver son estime,
cesser d’attendre réparation,
reprendre sa vie,
retrouver sa liberté,
et ne pas souhaiter pardonner.
Le pardon peut être :
un choix,
une expérience,
une possibilité.
Il ne devrait pas devenir une obligation imposée à la personne trahie.
Me libérer ne signifie pas oublier
Le souvenir peut rester.
L’histoire reste.
La personne peut continuer à savoir :
« Cela m’est arrivé. »
Mais la place de l’événement peut changer.
Il ne dirige plus automatiquement :
toutes les nouvelles relations,
toutes les décisions,
toutes les réactions,
toutes les attentes.
Et c’est précisément l’objectif de cette série :
que ce qui m’est arrivé reste une partie de mon histoire sans continuer à choisir ma vie à ma place.
Quels autres satellites lire selon ce que la trahison a activé ?
Si je me juge et me sens humilié
Si j’ai surtout peur d’être quitté
Si je vérifie et cherche à tout maîtriser
Si je reste constamment en alerte
Si j’ai perdu confiance en ma propre valeur
Si je préfère désormais éviter l’intimité
→ ÉVITEMENT RELATIONNEL
Si la peur de perdre déclenche une surveillance du partenaire
FAQ — Trahison, trauma, confiance et protocoles
Pourquoi est-il si difficile de refaire confiance après une trahison ?
Parce que la confiance ne repose pas uniquement sur une décision consciente.
La trahison peut modifier les attentes, la perception du risque, certaines croyances et certaines stratégies de protection.La personne peut donc vouloir refaire confiance tout en continuant à se protéger.
Une trahison est-elle toujours traumatique ?
Non.
Une trahison peut être douloureuse sans produire un trouble traumatique.
Le terme « trauma de trahison » doit donc être utilisé avec discernement.
Une trahison peut-elle réveiller une blessure d’abandon ?
Oui, chez certaines personnes.
Lorsque la peur dominante devient : « Je vais être quitté »plutôt que seulement :« On m’a menti », la dimension d’attachement mérite particulièrement d’être explorée.
Pourquoi ai-je honte alors que c’est l’autre qui m’a trahi ?
Parce que la personne peut transformer :
« Il m’a trompé »
en :
« J’ai été stupide de le croire. »
La responsabilité de l’autre est alors progressivement retournée contre soi.
Pourquoi ai-je besoin de tout contrôler depuis la trahison ?
Parce que le contrôle peut réduire momentanément l’incertitude.
Il devient problématique lorsqu’il est nécessaire en permanence pour calmer la peur.
L’EMDR est-il la meilleure méthode pour une trahison ?
Pas automatiquement.
L’EMDR peut être très pertinent lorsque certaines mémoires traumatiques constituent la cible principale.
Mais si le problème dominant est :la honte,l’attachement,le contrôle,les croyances,la relation actuelle,ou l’estime de soi,d’autres approches ou une combinaison de méthodes peuvent être nécessaires.
Peut-on avoir besoin de plusieurs protocoles ?
Oui.
Par exemple :une mémoire traumatique peut être retraitée,puis une honte résiduelle travaillée,puis certains comportements de contrôle modifiés,tout en travaillant parallèlement la relation actuelle.
L’approche intégrative consiste précisément à articuler les méthodes selon les cibles, et non à les empiler.
Faut-il retrouver la première trahison de ma vie ?
Non.
L’objectif n’est pas de trouver une origine absolue.
Une ancienne expérience n’est explorée que lorsqu’elle apparaît pertinente et utile à la compréhension du mécanisme actuel.
Puis-je refaire confiance à la personne qui m’a trahi ?
Parfois.
Mais cela ne dépend pas uniquement de votre travail personnel.
La personne ayant trahi doit également pouvoir :reconnaître,assumer,modifier certains comportements,respecter les limites,et reconstruire progressivement sa fiabilité.
Peut-on aimer à nouveau après une trahison ?
Oui.
Mais la confiance reconstruite n’est pas forcément identique à celle d’avant.
Elle peut devenir plus lucide, plus différenciée et davantage associée à une confiance en sa propre capacité de discernement.
Le regard du Coach & Thérapeute
Lorsqu’une personne me dit :
« Depuis cette trahison, je n’arrive plus à faire confiance »
je ne veux pas seulement savoir :
« Comment lui apprendre à refaire confiance ? »
Je veux d’abord comprendre :
À quoi ne fait-elle plus confiance ?
À cette personne ?
Aux autres ?
À son propre jugement ?
À sa capacité à voir ?
À sa capacité à poser des limites ?
À sa capacité à partir ?
À sa capacité à survivre à une éventuelle nouvelle déception ?
Puis :
Qu’est-ce que la trahison a réellement touché ?
La confiance ?
La honte ?
L’estime ?
La sécurité ?
L’attachement ?
Le contrôle ?
Une blessure ancienne ?
Une mémoire traumatique ?
Ou plusieurs de ces dimensions ?
C’est précisément pourquoi je ne crois pas à :
TRAHISON = UNE TECHNIQUE
Je préfère cette logique :
TRAHISON
↓
CE QUI ME FREINE AUJOURD’HUI
↓
CE QUE CELA PROTÈGE
↓
CE QUE LA TRAHISON A TOUCHÉ
↓
CE QU’ELLE A ÉVENTUELLEMENT RÉACTIVÉ↓CE QUI RESTE ACTIF
↓
LA OU LES CIBLES À TRAVAILLER
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LE OU LES PROTOCOLES ADAPTÉS
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CE QUE JE VEUX POUVOIR VIVRE À NOUVEAU
C’est là, pour moi, que l’approche intégrative prend tout son sens.
Non pas utiliser beaucoup de méthodes.
Mais comprendre suffisamment précisément ce qui doit évoluer pour savoir où, comment et avec quoi intervenir.
Et vous : qu’est-ce que cette trahison vous empêche encore de vivre ?
Peut-être voulez-vous :
aimer à nouveau,
faire confiance,
cesser de contrôler,
vous détendre dans une relation,
ne plus vérifier,
retrouver votre estime,
ne plus avoir honte,
accepter d’être vulnérable,
ou simplement ne plus faire payer à une nouvelle personne ce qu’une autre vous a fait.
Alors essayez de ne pas commencer par :
« Comment oublier cette trahison ? »
Demandez-vous plutôt :
Qu’est-ce qui reste actif ?
La peur ?
La honte ?
La colère ?
La méfiance ?
L’hypervigilance ?
Le contrôle ?
La peur d’abandon ?
Qu’aimeriez-vous pouvoir vivre à la place ?
Davantage :
de confiance ?
de sérénité ?
de liberté ?
d’intimité ?
de discernement ?
de spontanéité ?
de confiance en vous ?
C’est ici que nous retrouvons le premier PILIER de MA VIE PERSONNELLE :
La question finale devient donc :
Si cette trahison cessait de me freiner autant, quelle partie de ma vie pourrais-je recommencer à vivre davantage ?
Pour aller plus loin
Pour comprendre la trahison :
- La blessure de Trahison : quand la confiance devient un enjeu permanent
- Trahison et honte : comprendre le trauma de trahison
- TRAUMA et TRAUMATISME : quelle différence ?
Pour comprendre les mécanismes associés :
- Théorie de l’Attachement
- La Régulation Émotionnelle
- Sécurité intérieure et système nerveux
- Neurosciences du changement humain
- Neuroplasticité et transformation humaine
Pour explorer les outils et protocoles :
- EMDR
- Thérapies Cognitives et Comportementales — TCC
- Programmation Neuro-Linguistique — PNL
- Analyse Transactionnelle — AT
- Systémie
- Hypnothérapie
Pour les relations et le couple :
Pour les modèles et la transformation :
Faites le premier pas
Après une trahison, la difficulté n’est pas toujours de savoir que vous voulez aller mieux.
Elle est souvent de savoir :
ce qu’il faut réellement travailler.
La trahison elle-même ?
La honte ?
La peur d’abandon ?
L’hypervigilance ?
Le contrôle ?
La confiance en soi ?
L’attachement ?
Une expérience plus ancienne ?
Ou plusieurs de ces dimensions en même temps ?
La première étape consiste donc à clarifier ce qui reste réellement actif avant de choisir une méthode.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
Un temps pour prendre du recul sur votre situation, comprendre ce que cette trahison a réellement touché et identifier les pistes d’accompagnement susceptibles de vous aider à retrouver davantage de liberté, de sécurité et de confiance.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement
Références scientifiques majeures à conserver en bas d’article
Jennifer J. Freyd — Betrayal Trauma Theory ; travaux sur la trahison, la dépendance et les conséquences psychologiques de certaines violations de confiance.
John Bowlby & Mary Ainsworth — théorie de l’attachement, sécurité relationnelle et stratégies d’attachement.
James J. Gross — modèles contemporains de régulation émotionnelle.
Bessel van der Kolk et Judith Herman — psychotraumatologie, mémoire, sécurité, corps et reconstruction.
Francine Shapiro — développement de l’EMDR. Pour le PTSD constitué, l’OMS place l’EMDR et les TCC centrées trauma parmi les psychothérapies bénéficiant du plus fort niveau de preuves.



